Avant quand on disait qu’on développe une app’ on était la fierté du monde, cela pouvait susciter des « wouah t’es trop chaud frérot ».
Maintenant avec les progrès de l’IA et l’ère du vibecoding on va pas se mentir, tout le monde s’en fout, et à juste titre. 90% des apps ont la même gueule, la comm’ est gérée par des agents hermes, les vidéos générées et montées par Claude, tout se ressemble et quand l’IA fait des progrès dans le mainstream, la concurrence directe c’est que tout le monde s’en calice.
Et moi c’est le timing que j’ai choisi pour me dire, allez go je me lance, parce que dans 6 mois, ce sera encore pire, le dernier modèle à la mode pourra copier n’importe quelle app du play store en deux dictées vocales et une photo (cest déjà un peu le cas).
Les experts du genre s’accordent à le dire, le « edge », ce n’est plus la technique, puisqu’il n’y a plus de barrière à l’entrée, c’est la distribution, c’est à dire la manière dont vous allez défendre et marketer votre produit.
C’est pour ça qu’aujourd’hui je reprends le clavier, moi qui n’est plus écris un seul article de mes blanches mains depuis plus de 12 mois.
Chifoumiam, vous connaissez ?
Non, et c’est normal, c’est une des 1500 app qui sont nées ces 2 derniers jours ! Alors pourquoi je me casse le jonc à créer une enième app’ de cuisine alors qu’il en existe déjà pléthore ?
Parce qu’aucune n’était exactement comme je le voulais, et c’est ça aussi qui est beau de nos jours, on peut refuser de payer un produit essentiel et se le développer soi-même, « gratuitement »…
Enfin, pas vraiment, parce que pour mettre chifoumiam.fr au monde, j’ai saigner mes abonnements GPT Codes *20 et Claude Max *20 (+ du deepseek 4,1 et du Hermes mais ça c’est quasi cadeau). Donc gratos, pas vraiment. Par ailleurs, si l’on s’attache à l’adage selon lequel le temps est de l’argent, ben mine de rien, j’ai compilé pas loin de 200 heures de développement.
Alors, on s’entend, développer c’est expliquer au chef de chantier ce que je veux et le faire communiquer avec les ouvriers pour qu’ils respectent le cahier des charges. Mais y’a quand même un peu de jus de cerveau, dans les fonctionnalités, dans comment tout faire tenir sur un même écran, un peu d’UX, développer des maquettes qui ressemblent pas à de l’AI Slop et bien sûr, faire de la promotion, le nerf de la guerre je vous le rappelle.
J’ai regardé beaucoup de vidéos de guru en applications qui expliquent les erreurs du commun des mortels et l’une d’entre elle pourrait parler à tout le monde : enfiler les features plutôt que de communiquer. A quoi bon va servire votre turbo cockpit si personne n’est dedans.
Je l’ai bien compris : « mieux vaut une app pas dingo bien distribuée qu’une app parfait mal communiquée ».
Donc mon app’ qu’est ce qu’elle fait ? Ben grosso modo, c’est tout con, elle vous permet de jouer des battles de bouffe, façon tu préfères de Konbini, m’voyez ?
Ok dis comme ça ça à l’air éclaté, et peut être que ça l’est , parce que la seule personne qui l’a vraiment testée, c’est mon padré et il est pas vraiment ni objectif, ni la cible.
Donc vous pouvez lancer des battles de bouffe par envie, vous élisez un champion que vous mettez au menu. Mais vous pouvez aussi jouer des élections, mettre des plats dans votre carnet pour ne plus jamais les perdre, les cuisiner, les noter, générer des plannings de bouffe, faire des battles selon ce qu’il y a dans votre frigo, faire des battles sur un aliment en particulier…et vous voilà déjà perdu dans le travers (de porc) annoncé plus haut : on n’empile pas les features, on revient à l’essentiel.
Donc on verra plus tard le réseau social, on verra plus tard la monétisation, on s’inscrit dans une démarche minimaliste (faire jouer des battles au gens, essayer de les convaincre de s’inscrire pour garder leurs carnets de recettes) et on communique.
Et comment on communique ?
Le SEO demeure, bien que « dead » une stratégie à ne pas oublier. Surtout dans cet univers de la cuisine plein de longue traîne.
Mais ça c’est long, alors les autres actions, c’est de se frotter à ce qu’on a toujours voulu éviter : Tiktok, Facebook, Instagram, Youtube…la nouvelle mane de trafic à en entendre beaucoup (spoiler, convaincre un lycéen de regarder 2 secondes de votre vidéo full IA n’est pas chose aisée). Faut hooker leur cerveau de pré-pubaire, leur promettre un truc en fin de vidéo et les garder à l’hameçon…not obvious.
Heureusement on a des outils formidables, encore faut il savoir s’extraire de la masse, être différent, comme cela a toujours été le cas finalement.
Je documenterai ici les réussites si d’aventure j’en ai, et surtout les échecs (et mat?).
Les grandes lignes
- Je n’avais jamais mis un nouveau domaine en ligne, du moins pas depuis des années, sans forcé l’indexation, j’ai été très étonné de voir comme Google a bien mangé, 329 pages dans l’index a ce jour.
- Cap sur les 100 premiers users, inch’ avant la fin du premier mois post lancement.
- Suno et Higgsfield c’est de « la frappe » comme disent les jeunes, la question reste de savoir si on peut péter avec des chaînes full IA.
